Grenelle contre les violences conjugales : un an après, où en est-on ?

Le 3 septembre 2019, le gouvernement lançait le Grenelle contre les violences conjugales. Lors de ce dernier, 46 mesures avaient été annoncées pour améliorer la prise en charge des victimes de violences conjugales et pour tenter d’endiguer ce phénomène qui touche des milliers de femmes en France. Mais, un an après son lancement, le Grenelle a-t-il permis de faire avancer les choses ?

Deux textes de lois adoptés :

En décembre 2019 et en juillet 2020, deux textes ont été adoptés au Parlement. Le premier concerne la suspension de l’autorité parentale en cas de crime ou de poursuite pour crime, ainsi que la mise en place des bracelets anti-rapprochement pour le conjoint violent, mesure très attendue et déjà fonctionnelle en Espagne où les résultats sont positifs.

Le deuxième concerne la loi sur la protection des victimes de violences conjugales avec la levée du secret médical en cas de danger immédiat de la victime.

Des mesures prévues mais pas encore finalisées :

Parmi les 46 mesures annoncées, 1/3 seulement ont été réalisées. De plus, certaines voient leur mise en place prendre du retard comme par exemple l’utilisation des bracelets anti-rapprochement qui ne sera généralisée que fin 2020 alors qu’elle était prévue pour septembre 2020, ou encore l’élargissement de la plage horaire d’appel du 3919 (numéro d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales). Aujourd’hui, il n’est ouvert que de 9h à 19h du lundi au samedi. La mesure qui devait permettre de rendre la plateforme disponible 24h/24 et 7j/7 en automne 2020 est finalement reportée à l’été 2021.

Le bilan de ce Grenelle est donc mitigé puisque, même si certaines mesures ont été mises en place, beaucoup sont toujours en stand-by. Les associations dénoncent le manque de mesures mises en place car, même si le sujet des violences conjugales est devenu un sujet sérieux dans la société et que les gens prennent conscience de ce problème, il y a un manque de formation de la part des professionnels, notamment dans les gendarmeries et dans les commissariats. Un manque de prévention dès le plus jeune âge est aussi déploré par les associations.